Les fermiers de la Francilienne
Les fermiers
de la Francilienne
Bouton menu
Les fermiers de la Francilienne

Des fermiers au service de la réinsertion

Reportage de Forum du TIG de mai 2017

Les Fermiers de la francilienne, association présente depuis 2014 à Pierrefitte-sur-Seine et depuis 2015 à Villetaneuse (Seine-Saint-Denis), se sont implantés sur deux fermes, dont l’une, celle de Villetaneuse, est toujours en construction. Cette structure souhaite œuvrer pour une autre vision de l’écologie et de la réinsertion sociale et professionnelle par le biais de fermes pédagogiques à visée d’insertion. Elle mène par exemple une action de sensibilisation à l’écologie et au réemploi alimentaire, en passant notamment par une ouverture ponctuelle des lieux au public.

L’association accueille dans ce cadre des personnes condamnées à un TIG ainsi que des jeunes en rupture scolaire. Nous avons découvert en nous rendant sur le site un accueil de TIG quantitativement important, encadré, dynamique et axé sur une réelle volonté d’insertion ou de réinsertion.

Julien Boucher, co-fondateur de l’association, nous a accueillis à la ferme de la Butte Pinson, avant de nous faire visiter les deux fermes sur lesquelles les « tigistes » peuvent exécuter leur peine.

UNE OFFRE VARIÉE DE POSTES DE TIG

La première ferme visitée, à Villetaneuse, se situe en face de l’Université Paris 13. Moins développée que la Ferme de la Butte Pinson, elle permet un accueil de TIG sur des postes physiques de constructions diverses (enclos pour les animaux présents sur le site, clôtures,...) le tout en utilisant des matériaux « de récup » dans un but de réemploi de matériaux de constructions.

La Ferme universitaire Paris 13 donne également aux « tigistes » l’opportunité de travailler avec les animaux, ce qui d’après Julien Boucher n’est pas forcément évident au début, mais peut créer des vocations !

Enfin, tout comme sur le site de la Ferme de la Butte Pinson, les « tigistes » sont en lien avec les enfants ; en effet, l’association reçoit chaque jour des groupes d’enfants, principalement dans le cadre de sorties scolaires. Les personnes accueillies en TIG ont alors l’opportunité, en binôme avec un encadrant, d’animer la visite des lieux à destination du jeune public.

A souligner : certains « tigistes », heureux de leur expérience, convainquent même leurs amis de les accompagner en tant que bénévoles !

UN OBJECTIF DE RÉINSERTION PAR LE TRAVAIL ET L’AUTONOMIE

Nous avons pu rencontrer l’équipe des encadrants techniques, qui ont partagé avec nous leur vision du TIG au sein de l’association. Pour eux, l’objectif principal est la réinsertion des personnes condamnées, passant avant tout par la voie professionnelle. Leurs actions sont donc mobilisées principalement sur une autonomisation des personnes, sans pour autant en oublier de les encadrer ; comme nous l’a précisé Julien Petit, encadrant et membre des Fermiers de la francilienne, l’encadrement aujourd’hui est plus strict que par le passé.

Si aux débuts de l’association, les personnes accueillies en TIG n’avaient pas d’heures d’arrivée à respecter, aujourd’hui leurs horaires sont plus précis, ce qui permet non seulement un meilleur cadre de travail mais également une première vision des règles imposées dans le milieu professionnel. Le nombre de personnes prises en charge dans ce cadre par un même encadrant est également limité à 2 ou 3.

UN ENVIRONNEMENT FAVORISANT LE “VIVRE ENSEMBLE”

Après avoir visité la Ferme de Villetaneuse, nous avons pu nous rendre sur le site de la Butte Pinson, première ferme ouverte par l’association. Nous y avons découvert un environnement vivant et agréable ; les postes de TIG sont les mêmes que dans la première ferme, en plus grand nombre seulement.

Au sein de la ferme de la Butte Pinson se trouve également l’endroit où l’équipe, les bénévoles, les services civiques et les « tigistes » se réunissent à midi pour partager un repas (un endroit qualifié par Julien Boucher de « centre de désintoxication au kebab » !). Le moment du repas permet ainsi de développer des notions de vie en société et de vivre ensemble. Un moment qui peut faire l’objet de freins au départ, et qui est finalement apprécié par les personnes accueillies.

Structure valorisante pour les personnes placées sous main de justice, s’axant sur un objectif de réinsertion professionnelle et une découverte du développement durable, Les Fermiers de la francilienne souhaitent ouvrir deux nouvelles fermes dont l’une, à Gonesse, ouvrira cet automne.

Le + : Selon l’association, 1 personne sur 3 ayant exécuté un TIG aux fermes reviennent y travailler, soit en tant que bénévole, soit en service civique.

par Juliette HURET

http://www.forum-tig.fr/fr/blog/nou...