Les fermiers de la Francilienne
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Les fermiers de la Francilienne

« Fermothérapie » en Seine-Saint-Denis

Article du Parisien weekend 18/12/2018

LE PARISIEN WEEK-END. Des personnes en difficulté se réinsèrent auprès des animaux

Blond chignon et bottes aux pieds, Eloïse Guidotty, 29 ans, fait le tour de sa ferme, tôt le matin. Elle salue ses collègues et Tulipe, son unique génisse. La jeune femme est agroécologue et directrice technique des Fermiers de la Francilienne, une association qui expérimente l’inclusion sociale dans des fermes pédagogiques du Val-d’Oise et de Seine-Saint-Denis.

Ainsi, à Villetaneuse, entre le campus étudiant et les cités alentour, quatre hectares forment un refuge pour les chèvres, cochons et poules, mais aussi pour les humains qui en prennent soin. Depuis 2015, des personnes condamnées à un travail d’intérêt général (TIG) viennent ici. « Elles nourrissent les bêtes, évacuent les litières, retournent les andains (allées, NDLR) de compost », précise Eloïse, débordante d’énergie.

Un contact rassurant avec les bêtes
Depuis deux ans, plus de 800 « TIGistes » y ont passé près de 30 000 heures. Impressionnant ! Au point que la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, est venue en novembre féliciter ce collectif de « fermiers », composé de bénévoles, de personnes en service civique, d’étudiants, de salariés, et accueillant 22 000 visiteurs par an.

Les peines alternatives à l’incarcération ne sont qu’une partie de cette « fermothérapie » initiée par Eloïse. L’association est aussi partenaire de sept instituts médico-éducatifs en Ile-de-France. Encadrés, ces jeunes en situation de handicap participent aussi aux soins. « Quand les chèvres et les porcs viennent les frôler, il n’y a pas de danger, le contact avec l’animal est rassurant », estime la fermière en chef. Elle accorde aussi sa confiance à des mineurs déscolarisés, réputés « incasables », qui viennent trois fois par semaine. L’un d’eux a déjà pu retourner à l’école.

Cédric, Marie et Marco, apprentis fermiers grâce à l’association d’Eloïse Guidotty (à dr.).Nicolas Lascourrèges pour Le Parisien Week-End

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