Les fermiers de la Francilienne
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Les fermiers de la Francilienne

Val-d’Oise : des travaux à la ferme plutôt que de la prison ferme

Mercredi 22 août 2018 Par Ivan Rakotovao, France Bleu Paris et France Bleu

A la ferme de la Butte Pinson, à seulement dix kilomètres de Paris dans le Val-d’Oise, des hommes condamnés par la justice à des peines de travaux d’intérêt général se réinsèrent dans la société au contact des animaux et de la terre.

Arthur (à droite) veille sur les moutons pour la première fois © Radio France - Ivan Rakotovao

Ils effectuent des travaux d’intérêt général dans une ferme au milieu des animaux. Cela se déroule à la ferme de la Butte Pinson, à Montmagny (Val-d’Oise), tout près de Paris, des hommes condamnés par la justice à des peines de travaux d’intérêt général se réinsèrent dans la société au contact des animaux et de la terre.

Arthur n’a pas vraiment le style d’un berger traditionnel, même avec son bâton de marche en bois taillé. C’est la première fois qu’il emmène pâturer les moutons. C’est même la première fois qu’il voit des moutons en vrai. "Il y a un chien !" avertit le jeune homme de 22 ans, à la vue d’un canidé sur le chemin. "S’il aboie, ça va courir". Arthur n’est pas un berger comme les autres. Condamné par la justice pour des petits délits, il n’a pas été envoyé en prison, mais à la ferme pédagogique de la Butte Pinson à Montmagny, pour y accomplir une peine de travaux d’intérêt général.

Déconstruire leur univers de surconsommation et d’individualisme
Créée en 2014 par l’association Les fermiers de la francilienne, la ferme pédagogique proposent aux jeunes sous main de justice de s’initier aux travaux de la ferme pour les aider à se réinsérer dans la société. Nourrir les oies et les chèvres, sortir les moutons, nettoyer la bergerie, autant d’activités dépaysantes pour de nombreux jeunes issus de quartiers populaires.

"C’est difficile l’odeur" dit Paul, en chargeant du fumier dans une benne. "C’est quand même mieux que l’odeur des lacrymo" répond Julien Boucher, le directeur de l’association, provoquant un éclat de rire général. "On essaye de déconstruire l’univers dans lequel ils baignent, de surconsommation et d’individualisme, et leur expliquer qu’un projet collectif va leur apporter et peut apporter à la société" reprend le directeur.

La ferme de la Butte Pinson. © Radio France - Ivan Rakotovao

Faire naître des vocations
"On n’a jamais eu de problème (...) et c’est toujours intéressant de voir qu’à la fin d’une expérience contrainte et forcée telle que le travail d’intérêt général, ils nous remercient. On a un vrai retour positif de leur part" affirme Julien Boucher.

Max, est l’un des pensionnaires qui ne voient que des avantages dans cette peine alternative : "J’aime bien les animaux, les gens, et surtout le calme. Même s’il y a du travail ! C’est pas du repos une ferme !" Il va bientôt quitter la ferme après plus d’un mois passé ici. Il espère laisser définitivement les bêtises derrière lui, et peut-être un jour monter sa propre ferme.

La ferme grandit, mais sa survie dépendant des financements publics
Perchée sur un îlot de verdure de 114 hectares sur les hauteurs de Montmagny, la ferme de la Butte Pinson a bien grandi depuis 2014. En quatre ans, Les fermiers de la francilienne se sont étendus sur trois autres sites au nord de Paris.

En 2017, l’association a cumulé 16.000 heures de travaux d’intérêt général, ce qui fait d’elle l’un des principaux partenaires des services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP) en Seine-Saint-Denis et dans le Val-d’Oise. Cependant, les moyens des fermiers sont limités et la continuité de leurs actions dépend grandement des financements publics, eux-mêmes tributaires de la volonté des politiques. Pour Julien Boucher, "le coût social évité à la société derrière est important, quand vous avez quelqu’un qui se remet en selle et qui est dans une démarche positive pour lui et la société, on a tous à y gagner."

Le potager de la ferme © Radio France - Ivan Rakotovao

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